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 Chez Rorry W.

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Rorry W.
CLAPSIEN(NE) issu(e) de Snjor
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MessageSujet: Chez Rorry W.   Chez Rorry W. EmptySam 17 Mar - 16:22

Dans les ruelles en contrebas du Marché bleu, je finis par m'arrêter devant ma maison. Etait-ce une bonne idée d'inviter cet homme chez moi? Je n'en savais rien, sûrement pas; mais mon instinct me poussait à lui faire confiance et à l'aider.
Je franchis donc le pallier, et entre dans ma petite chaumine en laissant la porte en bois ouverte pour laisser mon compagnon entrer.
Ma maison n'est en réalité qu'une seule et unique pièce. Dans le coin droit, un lit caché par un rideau, en face, une table en bois sur laquelle ma théière est restée posée. Un rayon de soleil, filtré par les volets entrebâillés, éclaire la pièce.
Près de l'âtre, mon établi est en bazar, mes dernières inventions encore inachevées sont éparpillées un peu partout dans la pièce.
Je rougis légèrement, honteuse du désordre, me dirige rapidement vers la théière pour la remplir d'eau, puis la place sur le feu, et m'affaire à ranger mes achats, et débarrasser la table.

Je vous prie d'excuser ce désordre, je n'ai plus l'habitude de recevoir, et notre rencontre m'a prise au dépourvu...

Je l'invite à prendre place sur l'une des chaises près de la table, et y dépose deux tasses.
J'ouvre les volets de mon unique fenêtre pour éclairer un peu mieux la pièce, sert le thé, m'assoie en face de lui, et finis par observer son œil avec grand intérêt.

Fascinant...

Ce mot m'échappe dans un murmure, tout en continuant à le sonder du regard je souris. C'est un sourire non contrôlé, de bonheur peut être, comme je n'en avais pas eu depuis si longtemps; Comme envoûtée par cette invention merveilleuse qu'est son œil.

Oh, oui, pardon, le tournevis !

Je me lève d'un bon, et me dirige vers mon établi. J'ouvre un premier tiroir, cherche le bon outil, en sélectionne un, le compare à un autre, les repose tous les deux, pour me concentre sur un troisième. Je continue ma recherche en me parlant à moi même, j'ouvre une petite trousse en tissu, attrape un quatrième outil, puis arrête mon choix sur un cinquième posé sur une étagère.
Je retourne près de lui, et pose l'outil entre nous.

Voici, avec cela vous pourrez réparer correctement votre œil. je vais vous chercher un miroir, vous en aurez peut être besoin.

Tout en réprimant mon désir de le réparer moi même, je lui apporte un petit miroir, et me rassois.
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William Fox
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MessageSujet: Re: Chez Rorry W.   Chez Rorry W. EmptySam 31 Mar - 17:57


Je me tais à l'approche du stand de thé. Toutes ces senteurs sont comme mille couleurs invisibles qui viennent faire sonner mille symphonies silencieuses dans mon esprit. La petite voix était parfaitement muette à ce mot "parfum", et pourtant je suis saisi face à leur puissance. par égard pour mon guide je me retiens de poser mon nez sur chaque case parfumée et je me contente de fermer mon œil pour emplir mon esprit de l'unique sensation de ce panachage parfumé.
Tout est réglé comme le mécanisme de mon œil le sera bientôt. La vendeuse voit mon hôte s'approcher et s'empresse de remplir des petits sachets. Elle sait avec quelles herbes remplir chaque sac. Elle pèse, en rajoute, re-pèse, en enlève... A l'instant même ou sa cliente s'arrête devant le stand, les sachets sont prêts, noués fermement, ornés d'étiquettes à l'écriture manuscrite précisant le contenu des paquets. L'échange des piécettes se fait dans le silence, un sourire ferme, un hochement de tête, et nous repartons. La vendeuse ne m'a pas vu, ou a gardé sa discrétion par respect pour sa cliente.

Elle semble pressée. Je la suis en reprenant mon monologue, sans plus vraiment me concentrer sur ce que je lui raconte. J'essaye de copier sa façon de marcher, efficace et élégante en même temps. A défaut de réussir, cela m'occupe assez pour ne pas voir le chemin passer jusqu'à sa maison. Je me heurte presque à elle quand elle s'arrête soudainement devant une petite porte de bois. Elle laisse la porte ouverte derrière elle et après une hésitation j'entre à mon tour.

Je referme soigneusement la porte derrière moi. Sa maison et passionnante et fourmille de mille objets brillants. Je sens mon œil malade se mettre à gargouiller, mais je parviens à le retenir sans trop comprendre comment je m'y prends. Tout en laissant une main sur mon œil dysfonctionnel pour ne pas qu'il s'agite à nouveau, je laisse l'autre s'attarder sur chaque détail. Tout en étant rudimentaire, je sens le soin apporté à l’ameublement de la petite maison pour la rendre la plus agréable possible. C'est un parfum qui me sors de ma rêverie à nouveau. Le thé. Je me concentre pour ne pas me précipiter vers la tasse qu'elle me sers et m’installe à une allure raisonnable sur le petit fauteuil qu'elle m'a attribué. Je la regarde un instant, puis regarde la tasse et les volutes de fumée qui dansent au dessus. C'est beau. Je regarde mon hôte à nouveau et lui souris. Je ne sais pas si la politesse exige que j'attende plus longtemps avant de goûter, et je laisse encore passer un temps que mon impatience rend douloureux avant d'oser me saisir de la petite tasse. Instinctivement je souffle sur le liquide brun et je regarde, en essayant de dissimuler mon sourire derrière ma tasse, les jolies vaguelettes que mon souffle crée sur le breuvage. Fasciné, je reproduit l’expérience encore plusieurs fois.
Je l'entend murmurer et je me rend compte qu'elle me regarde. Je dois lui sembler idiot avec ma manie de m'émerveiller de tout. Mais à mon grand étonnement, c'est un superbe sourire d'une sincérité touchante qu'elle m'adresse. Je lui rend son sourire et dans cet élan de bienveillance trouve le courage de goûter l'objet de mon désir. Je ferme l’œil et laisse le parfum subtil et doux à la fois glisser sur mon palais. Quel délice ! Quand je rouvre l’œil mon hôte est derrière moi en train de farfouiller dans ses tiroirs, et ma tasse est vide. Je la regarde, et essaye de couvrir le fait que je saisi la théière pour me resservir derrière une question anodine.

Au fait, comment vous appelez-vous ?


Elle revient avec le tournevis et le pose devant moi. Je pose ma tasse avec empressement, vide à nouveau. Je la remercie d'un sourire et me retourne pudiquement en prenant le miroir dans une main et le tournevis dans l'autre. C'est idiot, mais je me sentirai nu de travailler mon œil en ayant mon hôte en face de moi.

Je dévisse chaque lamelle précautionneusement et les poses une à une sur mes genoux en notant mentalement leur ordre. J'enlève le premier bloc de lentilles avec une méticulosité exagérée. Je retient mon souffle en arrivant au diaphragme capricieux. Je ferme l’œil un instant pour le reposer avant l'opération fatidique. J'expire doucement, rouvre mon œil et le braque sur le miroir. Avec soin, j'effleure de la pointe du tournevis la lamelle capricieuse. Je cherche la faille et, la trouvant, donne un petit coup sec.

CLAC !

Je sais que le bruit était presque insensible pour mon hôte, mais il résonne dans mon crane comme un coup de tonnerre. Surtout, je ressent un soulagement, comme lorsqu'une douleur s'en va sans qu'on se soit rendu compte préalablement qu'on avait mal. Un sourire de bien être étire mes lèvres et je m'empresse de remettre les différentes pièces pour pouvoir voir avec mon œil tout neuf.

Avec solennité, le travail fini, je retire ma main de devant l’œil mécanique.

Noir. Blanc. Comme au commencement, mais cette fois rien ne se teinte des couleurs de la vie. Tout ce que voit cet œil est triste et sans teintes. Noir, blanc, gris. C'est tout. L'autre œil proteste et m'envoi toutes les couleurs dont il est capable. La machine réplique à coup de fadeur. Je cligne plusieurs fois de chaque œil. Bzz ! Bzz ! Fait l’œil mécanique. Flosh, flosh... fait l’œil humain. Je me retourne vers mon hôte, paniqué. L’œil gargouille et s'indigne face à ce mouvement brusque. Couleurs et fadeurs se battent dans mon esprit sans parvenir à s'entendre. Bzzzz ! Flosh ! Bzzzz ! Flosh !
Ma tête tourne et je me met à trembler. Je voudrais crier mais un faible filet de voix parvient seulement à franchir mes lèvres.

Aide...

BOOOONG ! Le tournevis que je tenais pourtant fermement l'instant d'avant glisse de la main et s'écrase sur le sol.


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MessageSujet: Re: Chez Rorry W.   Chez Rorry W. EmptySam 31 Mar - 21:03

Oh pardonnez moi, j'ai oublié mes bonnes manières, je me nomme Rorry, et vous êtes ?

Il s'est déjà retourné pour commencer sa réparation. Comment ose-t-il m’ôter cette joie ! pense-je, Ce plaisir d'observer les réparations, d'étudier la fabrication fascinante qu'il porte sur son visage. Je réprime ma frustration aussitôt en me concentrant sur la dégustation de mon thé. Son œil, Sa réparation pas la mienne.
Du coin de l’œil, j’aperçois les lamelles proprement alignées sur sa jambe, et dans le reflet du miroir je le vois concentré et sûr de lui. Arrivé au diaphragme je retiens ma respiration avec lui, de peur qu'il ne soit pas assez délicat pour cette entreprise complexe, mais je m'avoue, à contre cœur, qu'il sait parfaitement y faire.
Cet oeil est un travail d'une précision parfaite, les matériaux sont d'une rareté manifeste et le doigté de mon compagnon égal celui d'un expert.

Un coup sec et Clac un son presque inaudible, peut être même une anticipation de mon esprit dû à des souvenirs anciens.
Je respire à nouveau. Cette tension presque insoutenable que je ressentais vient de s'évaporer. Les journées de sortie au marché sont si angoissantes ! Après avoir croiser la foule, la réfection devient un besoin, une nécessité assouvie uniquement par l'achèvement d'une réparation.
Il n'est pourtant pas fini, il reste des modifications à apporter pour qu'il soit parfait, mais pour aujourd'hui cela suffit à me calmer.

Il se retourne tout à coup paniquer. Après un instant d’incompréhension, je vois son œil mécanique bouger, BZzz, BZzz.  aide... dit il dans un souffle, en faisant tomber mon tournevis.
Je me lève calmement, lui sourit en m'approchant de lui.

Je vais vous aider. Calmez vous, ne bougez plus.

Je lui parle sur un ton assuré et posé, comme lorsqu'on rassure un enfant apeuré.
Je pose une main douce et ferme sur son épaule pour tenter de le calmer et de le fixer sur sa chaise, mon regard plonger dans le sien pour attirer son attention.

Respire. Concentre-toi sur ta respiration. Calme-toi. Inspire. Calme-toi. Expire. Ferme les yeux.  

Tout en joignant le geste à la parole, j'approche doucement ma main devant son oeil mécanique, paume en avant, et la pose délicatement dessus pour boucher sa vision.

Inspire. Concentre-toi sur ma voix et sur ta respiration. Expire.

Je respire avec lui tout en lui donnant mes consignes, pour qu'il copie mon rythme.

Maintenant visualise un arbre. Visualise un arbre immense. Il est si grand qu'il s'impose à ton esprit. Tu n'as plus que cet arbre en tête. Ses racines sont épaisses et solides. Elles sont accrochées à un tronc immense qui lui même amène à des branches, de nombreuses branches, sinueuses, elles se mêlent entre elles, de telle sorte que tu ne pourrais pas dire où elles débutent et où elles s'achèvent. Puis, les feuilles. Les feuilles ont l'air douces, comme si un duvet délicat les maculait. Sous ce duvet tu aperçois les nervures, comme les veines sur ton poignet, elles sont subtiles et gracieuses.

Je continue à lui décrire l'arbre. Je m'attarde sur chaque mot, chaque détails, en lui laissant le temps de visualiser, de se tranquilliser et de respirer.
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William Fox
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MessageSujet: Re: Chez Rorry W.   Chez Rorry W. EmptyMar 3 Avr - 18:55


Une voix s'élève au-dessus de ce flot d'images dissonantes. Mélodieuse et calme. Calme. Sans l'entendre je lui obéis. J'inspire. J'expire. Elle pose sa main sur mon œil malade tandis que ma paupière s'abat sur l'autre.

Noir.

Pas pour longtemps.
Qu'est ce que c'est que tout ça ? Des images dansent derrière mes paupières. Des images sans teinte et sans mouvement. La chaumine de Rorry -puisque tel est son nom- vue depuis mon siège. Le tournevis s'écrasant par terre. La tasse de thé vide sur la table. Et la dernière, Rorry toute proche de moi, sa main en avant pour me secourir. Elle est d'une uniformité grise qui me donne la nausée, mais la bienveillance de son regard transperce la fadeur et l'immobilisme de ces images. Je m'accroche à cette image de toutes mes forces. Je la contemple et m'en impregne.

Photographie. Dit la petite voix.
Je sursaute et rejette l'image. Sans comprendre ni maîtriser quoi que ce soit, j'envoi l'image vers Rorry. Je ne l'ai plus. Elle l'a très certainement, derrière ses paupières à elle. Inquiet de sa réaction, j'ouvre mon œil coloré. Elle me parle. Je ne l'écoutais pas, fasciné par les images, mais de voir ses lèvres s'agiter, toutes proches, je me raccroche à ses mots. Un arbre. Je referme mon œil. Visualiser un arbre. Je m'y applique. Un grand arbre aux grandes branches élancées. Je lui imagine des racines profondes et solides aussi.

Racine. Résonne la petite voix dans ma tête. Elle ne l'entend pas au sens propre de celle des plantes. La petite voix me parle des racines des Hommes. Et des miennes. Je dois réparer l’œil. Je dois lui mettre de la couleur. Et ce sont les racines dont me parle ma voix intérieur qui m'y aideront. C'est pour ça que je suis né.

De connaitre soudain une raison à mon existence fini de m'apaiser définitivement. J'ouvre de nouveau la paupière, et je répond à la question qu'elle m'a posé il y a un petit moment maintenant.

Je n'ai pas de nom. Mais puisqu'il faut en trouver un j'aimerai bien m'appeler William. Rorry, je dois rentrer chez moi. Là où à été inventé le mécanisme de mon œil. Sauriez-vous me guider là-bas s'il vous plait ?


Je la regarde en essayant de traverser le masque de bienséance qui s'abat sur ses yeux. Doucement, je recouvre sa main de la mienne, sur mon œil malade. Si seulement elle pouvait m'aider.


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MessageSujet: Re: Chez Rorry W.   Chez Rorry W. EmptyMar 3 Avr - 20:03

Je sens sa respiration se calmer. Sous la pression de ma main, son épaule se détend un peu. Je souris face à cette situation si familière, et aux souvenirs qu'elle m'évoque.

Puis une image, sans couleur, sans relief, une femme. Me concentrant sur cette intrusion de mon esprit sans comprendre d'où cela peut venir, je chancelle en me voyant. Sur cette image, dans cette chaumine, dans ma robe pour aller au marché... aujourd'hui. Que ce passe-t-il, est-ce... qui est cet homme?
Il ouvre l'oeil, et je m'empresse de cacher mon désarroi sous un masque de bienséance. Je lui souris.

Vous reprendrez du thé?

Sans attendre sa réponse, je me détourne, prend la théière vide et m'applique à la reremplir pour éviter son regard et avoir le temps de calmer la vague de tremblements qui vient me submerger.

William, c'est un joli prénom.

Je connaissais un William, il avait toujours était doux et serviable.

Rorry, je dois rentrer chez moi. Là où a été inventé le mécanisme de mon œil. Sauriez-vous me guider là-bas s'il vous plait ?


Je pose la théière sur le feu, un peu trop brusquement, puis me fixe, dos à lui pour encaisser le choc de sa déclaration.
Là où... inventé... mécanisme... guider, ces mots résonnent dans ma tête et se mêlent. Je ne contrôle plus mon corps, il tremble et les larmes montent. J'arrive à réprimer ces dernières, mais les spasmes sont trop difficiles à gérer.

Je... euh...non...

Retourner là-bas. Jamais. La mort. Les cris. La faim. Si fatiguée. Détruite. Tant de morts. Sacrifices. Peur, tellement peur. Elle...

Y retourner... je... non

Je bafouille, cherche une explication. Mes Oreilles Sifflent. Ou est-ce la théière. Depuis quand est-elle sur le feu? Je l'attrape maladroitement, les yeux embués de larmes que je tente tant bien que mal de ravaler. Je m'approche de la table en chancelant, verse le thé dans la tasse de mon invité, puis dans la mienne. C'est mon seul espoir pour me calmer. Assise, je me concentre sur la dégustation de mon thé, m'énumère tous les arômes que je sens, tout en formant les images mentales de chacune des plantes lorsqu'elles étaient encore en terre.
J'ai mal, tout est trop compliqué à gérer. Je ferme les yeux puis les ré ouvre et essaie de fixer un point précis. Je tremble toujours, ma respiration est saccadée, la crise est toujours là mais elle n'est plus à son apogée.
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MessageSujet: Re: Chez Rorry W.   Chez Rorry W. EmptyMar 3 Avr - 20:52


La perceptive de remplir bientôt ma tasse de thé chaud achève ma vague de panique. J'ai recouvert mon œil de ma propre main et je m’accommode pour l'instant de cette solution rudimentaire. Très vite le fumet parfumé parvient à mes narines et la théière revient avec Rorry. Je voudrais lui sourire et la remercier mais je suis coupée dans mon élan. Ses yeux sont brillants de larmes. Est-ce que c'est de ma faute ?

Non ! Je ne veux pas être responsable de la tristesse de ma bienfaitrice ! Pourquoi est-ce qu'elle pleure ? Qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai simplement voulu qu'elle m'emmène là ou mon œil à été fabriqué. Je ne sais pas où c'est. Mais elle visiblement oui. Tant pis, je dois savoir. je m'arme de toute ma douceur et laisse glisser ma main de sur mon œil à sur la sienne, tremblante, sur la poignée de la bouilloire. L’œil m'envoi ces immondes images grises. Bzzzz... Clic ! Je ferme le diaphragme rageusement. C'est une position inconfortable mais je fais un effort le temps qu'elle se calme. Elle ferme ses yeux, les ouvre lentement. Elle doit visualiser l'arbre elle aussi. A quoi ressemblent les racines du sien ? J'hésite à lui demander, puis me reprend. Ce ne serait pas courtois. Tout de même, je m'inquiète et je m'interroge.

Rorry... Je suis désolé. Désolé de vous avoir attristé, et désolé aussi de ne pas comprendre ce qui vous rend si malheureuse... Je voudrais simplement savoir. Je sais si peu de choses, j'ai besoin de votre aide. Vous savez d'où viens ce mécanisme. Pourriez-vous au moins me donner le nom de ce lieu ? Et... Pourquoi vous refusez d'y retourner ? j'imaginais un endroit magnifique, plein de couleurs et d'inventions oniriques. Votre réaction... m’effraie un peu...

Sa main tremble sous la mienne et son regard fuit. J'essaye de plonger mon œil dans les siens et de serrer un tout petit peu sa main dans la mienne. Je n'ai pas renouvelé ma demande de me conduire la-bas. Chaque chose en son temps. Si elle refuse réellement d'y aller, je dois au moins savoir à quoi m'attendre. J'irai seul s'il le faut, même si je dois y laisser ma vie.


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